Chez les militants Haitiens , un verbe tend à s’imposer, “désobéir”

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Les dirigeants de l’opposition ont rejeté toute suggestion de dialogue, affirmant qu’ils voulaient que le président se retire immédiatement.

Parmi les leaders des manifestations figure une coalition de l’opposition appelée le « Secteur démocratique et populaire », composée notamment de l’avocat André Michel, l’un des 70 candidats à l’élection présidentielle de 2015. Mercredi, il a estimé que la commission que M. Moïse vient d’annoncer n’avait aucune crédibilité.

« Un chef d’État qui se respecte et respecte son peuple ne crée pas, en temps de crise, une commission de négociation avec ses conseillers et ses porte-parole. Ce n’est pas sérieux », a-t-il déclaré.

M. Michel est rejoint par plusieurs sénateurs de l’opposition, dont le sénateur Youri Latortue, qui a nié les allégations de corruption que les États-Unis ont portées contre lui il y a plus de dix ans et qui a autrefois dirigé un parti allié à la formation Tèt Kale de Jovenel Moïse.

« Le président a montré qu’il était incapable de gouverner », a déclaré M. Latortue à l’Associated Press.

Les dirigeants de l’opposition ont créé une commission de neuf personnes qui, selon eux, serait chargée de superviser une transition ordonnée du pouvoir et d’aider à choisir le prochain dirigeant d’Haïti, notant que la Constitution prévoit que le président de la Cour suprême, nommé par M. Moïse plus tôt cette année, prenne la relève si le président décidait de démissionner.

Le temps manque. C’est désormais une certitude pour les acteurs qui participent a l’opposition. Fini le discours qui opposait le temps long de l’intérêt commun au court-termisme du marché : l’heure est à la pensée du délai, et celui-ci est particulièrement court. Cette nouvelle urgence a conduit dans la rue des milliers de personnes au cours des douze derniers mois. Réussissant à tenir son pari de l’endurance, au rythme d’une mobilisation sans fin.

Un verbe semble aujourd’hui s’imposer comme l’une des réponses à apporter à la crise “désobéir “, au motif « qu’il y aura toujours une bonne raison de dire : on peut faire quelque chose qui n’est pas conforme à la loi ».