Haiti : Huit étapes de l’instabilité

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« Ce qui se passe actuellement est assez classique dans l’histoire politique récente d’Haïti, tempère Eric Sauray, avocat et auteur en 2006 de Haïti, une démocratie en perdition. Ces 30 dernières années, il y a eu une contestation permanente du pouvoir, qu’on peut lier à l’histoire du pays. Haïti est une terre de bouleversements politiques. Auparavant, ils se traduisaient par des Coups d’État, aujourd’hui ce sont des appels à la démission ». Depuis son indépendance, obtenue en 1804 après plus de dix ans de guerre contre l’armée française, Haïti n’a que rarement connu la sérénité. Dès 1806, le premier Empereur de l’île, Jean-Jacques Dessalines, est assassiné, ouvrant la voie à une guerre civile de treize années.

Des interventions extérieures, comme l’occupation militaire américaine de 1915 à 1934, au renversement d’un Président démocratiquement élu, en la personne de Jean-Bertrand Aristide, victime d’un Coup d’État en 1991, rien ne semble avoir épargné « la Perle des Antilles ». La plus longue période de stabilité est le fait de la dictature des Duvalier, de 1957 à 1986 : à sa mort, en 1971, le père, François, transmet à son fils Jean-Claude le contrôle d’une milice redoutable, les Tontons Macoutes, qui terrorise la population.

7 février 1986

Chute de Jean-Claude Duvalier, dit «Baby Doc», qui se réfugie en France. Les quatre années qui suivent donneront lieu à deux putschs, des élections avortées et une insurrection.

16 décembre 1990

M. Jean-Bertrand Aristide est élu président de la République, avec près de 70% des voix.

1er octobre 1991

Coup d’Etat militaire. M. Aristide trouve refuge aux Etats-Unis.

20 septembre 1994

Déclenchement de l’opération militaire américaine «Soutenir la démocratie», qui ramène M. Aristide au pouvoir.

17 décembre 1995

Election à la présidence de M. René Préval, avec 88% des voix.

21 mai 2000

Elections contestées (législatives et locales).

26 novembre 2000

M. Aristide est réélu président avec plus de 90% des voix et 60% de participation (5% selon l’opposition).

29 février 2004

Départ forcé de M. Aristide.

le tissu social haïtien est faible, l’élite intellectuelle a fui en masse dans les années 1960, il y a un manque global d’instruction, notamment politique dans ce pays.