Haiti : La société est remplie de Faux nationalistes mais de vrais escrocs politiques

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En démocratie, il y a 3 situations possibles que sont l’unanimité, le consensus et la Majorité. Dans l’unanimité, tout le monde est d’accord comme en cas de guerre d’agression par un autre pays ; dans le consensus, il n’y a pas une seule voix en opposition caractérisée, ce qui signifie que même ceux qui étaient contre, ont rallié la majorité ou se sont abstenus dans le vote. Cela signifie comme je te l’ai enseigné, que dans le consensus, il n’y a pas une seule opposition caractérisée. Dans la majorité, il suffit de plus de 50% des voix et quand il s’agit d’une majorité qualifiée, il faut plus.

Vraiment, le monde commence à n’être rempli que de faux types ! Ils peuplent nos cités et nos villages. Il y en a qui crient au voleur alors qu’eux-mêmes sont des chefs de gang. Ils chantent l’intégrité et la moralité pendant qu’ils sont enfouis jusqu’au cou dans la fiente de la corruption et des détournements de fonds publics. Certains dénoncent des maris infidèles pendant qu’ils ont cinquante maîtresses dans des quartiers “non-lotis”. D’autres prêchent dans les églises et les temples ce qu’ils foulent allègrement au pied chaque jour que Dieu fait. Des hommes et des femmes donnent des leçons alors qu’ils n’incarnent aucun modèle.

Des hommes louent l’émancipation de la femme tout en bastonnant tranquillement matin, midi et soir leur si charmante “moitié”. Il y en a qui demandent de ne consommer que des produits locaux alors que, de la tête aux pieds, ils sont européens,Américains sablent champagne et fument cigare, dans des buildings de haut standing. Des hypocrites par-dessus tout bord !

Et certains dirigeants Haïtiens (encore !), qui tiennent des discours nationalistes, méritent le même qualificatif. “Les Français veulent nous piller ; les Américains controlent tout ; par conséquent, fermons-leur nos frontières ; ne les laissons pas nous aliéner et nous piller ; soyons nous-mêmes ; consommons ce que nous produisons et nous serons un pays riche, développé, et patati et patata !” Voilà, à peu près, ce que certains dirigeants racontent le plus souvent à leur peuple. Ils se prennent donc pour des patriotes purs et durs. Je ne suis pas contre l’idée et j’approuve quand on aime sa patrie. Il est vrai également que ces dirigeants dits nationalistes, comme Paul Kagamé, Robert Mugabe, Laurent Gbagbo ou Mohammar Khadafi, entre autres, ont posé des actes forts qui méritent d’être acclamés. Mais je ne suis pas d’accord qu’on crie non à l’alcool pour, ensuite et aussitôt, se cacher derrière un mur pour avaler à la goulée un canari de liqueur frelatée.

En effet, ces dirigeants abreuvent leur peuple de tous ces beaux discours, alors qu’ils ont des palaces dans les pays qu’ils dressent en diable ; des comptes colossaux dans les banques étrangères, alimentés par les deniers du pays qu’ils disent défendre. Ils racontent que les Blancs sont des faux types alors que c’est à ces derniers qu’ils s’adressent quand ils sont en détresse. Ils disent dédaigner la civilisation occidentale, mais c’est là qu’ils iront se la couler douce le temps de leurs congés. Hé ! A l’évidence, tout ce baratin n’a pour but que de conserver le pouvoir. C’est malsain qu’un chef d’Etat clame qu’il aime sa patrie alors qu’il passe son temps à remplir ses poches et celles de ses proches au grand mépris de son peuple victime de l’inéquitable répartition des richesses. Etre nationaliste, c’est s’assumer. Thomas Sankara a laissé en héritage à ses enfants une maison inachevée.

A ce propos, mon grand-père m’a conseillé de surtout craindre une tempête de sable qui avance en silence qu’un orage qui se prépare en grondant. “Ce dernier a de fortes chances d’avorter pendant que la première est déjà sur toi”, m’a-t-il dit. Dans le cas d’espèce, je préfère un dirigeant nationaliste qui agit plutôt qu’un chef d’Etat qui fredonne à tout va son nationalisme béat. Et puis, de toute façon, cette idéologie n’a forcément plus le même sens qu’avant. De nos jours, être nationaliste signifie, non pas fermer ses portes aux autres, mais respecter son peuple et mettre tout en œuvre pour qu’il ne souffre pas des affres de la pauvreté et de la guerre. Sinon, chers dirigeants, vous ne verrez que votre véritable reflet dans votre miroir présidentiel : un pseudo-nationaliste doublé d’un arnaqueur.