Haiti : le Gouverne-ment, les médias mentent, le parle-ment et la démocratie va mal

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Haitian and international press record as Haitian president Michel Martelly and former American president Bill Clinton announce the approval of a plan to help rebuild parts of 16 neighbourhoods around the capital that will benefit approximately 33,000 people displaced by the earthquake in January 2010. Photo Logan Abassi UN/MINUSTAH

j’ai lu Montesquieu, et j’ai appris qu’il était essentiel à la vie démocratique qu’il y ait un équilibre et une séparation entre les trois pouvoirs : le législatif, l’exécutif et le judiciaire. Je n’ai jamais cru à cette séparation car ils sont tous potes et il n’y a donc strictement aucune indépendance. Mais chut, il ne faut pas le dire car c’est très mal vu. Et maintenant, il y a en plus le quatrième pouvoir – celui des médias – qui me fait de plus en plus sortir de mes gonds…

Dans l’idéal, les régimes démocratiques devraient effectivement être organisés selon le principe de la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) afin d’éviter leur concentration entre les mains d’une seule personne ou d’un groupe.

Mais il suffit d’ouvrir les yeux : cette belle exigence démocratique est aujourd’hui complètement pervertie : il y a une collusion complète entre le pouvoir politique (potes du parti), pouvoir législatif (potes du même parti qui, s’ils ne votent pas comme leur dit l’exécutif ne se feront pas réélire dans leur circonscription), et pouvoir judiciaire (dont l’impartialité légendaire a été affichée aux yeux de tous sur le fameux « Mur des cons »). Donc pas d’indépendance au sens de Montesquieu mais connivence, collusion, complicité, soumission et servilité. Forcément : ils viennent tous soit du même parti, soit de la même promotion…