«Haïti un pays de transit de drogues» dixit le Département d’État

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Selon, un rapport publié en mars 2019 intitulé « Rapport sur la stratégie internationale de contrôle des stupéfiants » par le Département d’État des États-Unis, Bureau des affaires internationales de stupéfiants et de répression « Haïti reste un lieu de transit pour la cocaïne originaire d’Amérique du Sud et la marijuana originaire de la Jamaïque, franchissant les frontières poreuses du pays et se dirigeant vers les États-Unis et d’autres marchés. Ce trafic tire parti des frontières maritimes fortement sous-surveillées d’Haïti et de sa frontières terrestres avec la République Dominicaine

Haïti n’est pas un élément important producteur de drogues illicites destinées à l’exportation, bien que le cannabis soit cultivé pour la consommation locale

En 2018, la Police Nationale Haïtienne (PNH) a renforcé le BLTS avec des officiers supplémentaires et des hauts fonctionnaires ont évoqué la besoin de lutter contre le trafic de drogue. Toutefois, les saisies de drogues illicites et d’argent de contrebande ont diminué et le gouvernement n’est pas en mesure de sécuriser les frontières du pays pour enrayer le flux de drogues illicites.

La PNH et le gouvernement haïtien ont récemment commencé à s’attaquer aux points de passage frontaliers incontrôlés en formant une unité de Police des Frontières (PoliFront), basée à Morne Casse, près du poste-frontière de Ouanaminthe avec la République Dominicaine dans le Nord-Est d’Haïti. La PoliFront prévoit de s’étendre aux points de passage frontaliers d’Anse-à-Pitre, de Malpasse et de Belladère. La capacité d’interception maritime minimale des garde-côtes haïtiens, crée un environnement à faible risque pour les trafiquants de drogue. Alors que la capacité d’interception d’Haïti s’est légèrement améliorée, un système judiciaire en grande partie inefficace continue de faire obstacle aux poursuites engagées contre les trafiquants de drogue arrêtés

Aussi le rapport note une réduction de l’offre « Au cours des dix premiers mois de 2018, le BLTS a effectué plusieurs opérations qui ont abouti à la saisie de 371 kg (kg) de marijuana et de 28 kg de cocaïne. En outre, la PNH a arrêté 76 suspects pour crimes liés à la drogue au cours de cette période […] »

Le Gouvernement haïtien gère des programmes à petite échelle de sensibilisation du public et de réduction de la demande financés par l’intermédiaire de la commission pour la politique de contrôle des drogues (CONALD), mais il n’existe aucune donnée sur leur impact ou leur utilité » note le rapport, ajoutant « Le Gouvernement haïtien, en tant qu’institution, n’encourage ni ne facilite les activités illégales liées au trafic de drogue ou au blanchiment du produit de transactions de drogues illicites. Cependant, l’efficacité des mesures prises par les gouvernements pour lutter contre la corruption, en particulier en ce qui concerne les drogues illicites, est limité par un manque de volonté politique et par la médiocrité des performances judiciaires, due à des codes de procédure pénale et pénale obsolètes, à des procédures judiciaires opaques, à un manque de contrôle judiciaire et à une corruption judiciaire généralisée.

Le développement institutionnel continu de la PNH et de la BLTS est une tendance positive qui a contribué à améliorer la sécurité publique et a légèrement accru la capacité d’Haïti à interdire le trafic de drogue. Cependant, le dysfonctionnement du système judiciaire haïtien limite considérablement les poursuites nationales dans les affaires de drogue et réduit ainsi les obstacles au trafic. Les saisies de drogue restent faibles et la capacité minimale d’Haïti à contrôler ses frontières maritimes et terrestres continue de susciter l’inquiétude. L’engagement soutenu des États-Unis à l’appui des opérations du BLTS et le développement général de la PNH aideront les forces de l’ordre haïtiennes à tirer parti des gains marginaux en termes de capacité de lutte anti-drogue. Les avantages de tels gains seront toutefois limités si le système judiciaire reste faible, corrompu et ne condamne pas les trafiquants de drogue. Seul le renforcement simultané de la volonté politique, du pouvoir judiciaire, de l’application de la loi et de la sécurité des frontières permettra à Haïti de faire de réels progrès dans la lutte contre le trafic de drogue » conclus le rapport.

https://www.state.gov/bureau-of-international-narcotics-and-law-enforcement-affairs-work-by-country/haiti-summary/
https://www.usip.org/publications/2007/06/haitis-drug-problem

HL/ HaïtiLibre