Haiti : Un « quatrième » pouvoir perverti

1312

Parfois les gens pensent que le quatrième pouvoir, ce sont les élus locaux et les pouvoirs publics territoriaux. Ce n’est pas complètement faux, mais bon, la Presse et les médias ont préempté le terme et donc il est habituel de leur laisser le titre de « quatrième pouvoir ».

Qu’ils soient un pouvoir – et qu’ils en abusent sans le moindre scrupule ou contrôle – c’est clair. En tout cas ce n’est pas un contre-pouvoir démocratique. Ils servent moins de contre-pouvoir aux politiques que de tribune aux militants d’une cause, au conformisme idéologique ou à la pensée unique.

Quand on les attaque, leur grand truc c’est évidemment de jouer les vierge effarouchées et de s’offusquer en clamant qu’ils sont « un contre-pouvoir indispensable dans une démocratie ». C’est ce qu’ils nous racontent à chaque fois pour justifier les subventions qu’ils reçoivent au titre des « aides à la presse ». Ils sont tellement mauvais qu’ils n’arrivent pas à vendre leur journaux, mais ils exigent encore que le contribuable les subventionne pour leur éviter de couler. Quel aplomb tout de même. S’ils étaient de vrais défenseurs de la démocratie – et pas de leur seule idéologie – ça se saurait.

Les journalistes qui sont dans la trentaine peuvent ne pas être bien imbus de la réalité. Ils pèchent par ignorance. Mais ceux qui sont âgés de 40 ans et plus et qui choisissent de vendre leur micro et leur plume sont des assassins. La presse Haitienne est en mesure de dire à la population ce qui se passe au niveau des trois pouvoirs et comment fonctionnent les institutions. Les stations de radios et de télévisions pullulent comme des champignons. Aucun esprit avisé ne peut croire que les médias vivent que de la publicité. Si dans le temps, les patrons de médias étaient des intellectuels, de respectables et respectés hommes d’affaires, des journalistes honnêtes et compétents. Aujourd’hui, nous avons affaire à une autre catégorie d’hommes : trafiquants de drogue, blanchisseurs d’argent, proxénètes, contrebandiers, arnaqeurs professionnels. Rares sont des patrons de médias qui sont des journalistes de carrière et qui continuent à suivre les règles déontologiques.

Aujourd’hui, la presse Haitienne agit à visière levée ; elle est le bras médiatique de la mafia locale comme les gangs en sont le bras armé. Il y a des journalistes qui auraient pu laisser le pays, s’exiler et qui font un travail noble ; mais la presse Haitienne est mafieuse par essence. Les débats de fond sont esquivés. Puisque l’on pointe du doigt, il faut corroborer.

La presse devrait être le porte-étendard des idées novatrices, libératrices et transformatrices. Malheureusement, c’est la presse qui abrutit le peuple.

Ils sont soumis, serviles et subventionnés mais certainement pas un contre-pouvoir au service des citoyens et de l’intérêt général. Ils n’informent pas l’opinion publique en lui fournissant des informations objectives après avoir vérifié scrupuleusement leurs sources. Non, ils font leur petit boulot de militants contrôleurs-de-la-pensée et sont persuadés que, si on ne les subventionne pas, c’est la mort de la démocratie… Tu parles. Ce prétendu « 4e pouvoir » est depuis trop longtemps corrompu par l’idéologie ou vendus aux intérêts d’au-dessus . L’information objective n’est absolument pas leur souci. Il y a en tout cas belle lurette que je ne leur fais plus confiance et vais chercher mon information ailleurs : sur les sites étrangers ou les blogs et sites libres et indépendants.