Le cri de détresse “JOVENEL MOISE” « Je ne veux pas mourir ! … Venez me sauver la vie » PNH ,SWAT , CIMO, CAT TEAM ,BRI,BOID,CBIM,EPINES,UDMO,Garde-Côtes,

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Jovenel Moise, Haiti's president, listens during an interview in Port-Au-Prince, Haiti, on Monday, Jan. 29, 2018. Moise said he was "taken aback" by the "bizarre" derogatory remark President Donald Trump allegedly made about Haiti in a White House immigration meeting this month. Photographer: Alejandro Cegarra/Bloomberg via Getty Images

« Ma vie est en danger… Venez me sauver la vie ! ». Ces mots, ce sont ceux de Jovenel Moïse prononcés quelques minutes avant son assassinat. Selon le Miami Herald, le président Jovenel Moïse a bien tenté d’appeler à l’aide avant de se faire assassiner. A 1h34 du matin, il aurait tout d’abord appelé un commissaire de la police nationale, quelques minutes après avoir entendu des tirs provenant du quartier où il résidait.

Il aurait ensuite appelé un officier tactiquement formé de la Police nationale d’Haïti. Ce dernier s’est immédiatement mis en route, mobilisant des effectifs. Mais la cacophonie entre les différentes équipes qui devaient protéger le président a compliqué leur arrivée sur les lieux du drame, détaille le quotidien, qui explique qu’en l’absence de personne dans la résidence, ce sont les enfants de Jovenel Moïse qui tentaient de venir en aide à leur mère, blessée par balle. Jovenel Moïse a donc bien tenté d’appeler à l’aide alors que trois équipes étaient pourtant chargées de sa sécurité.

Sans formalité, le président a demandé de l’aide. Jean Laguel Civil, selon sa déposition signée au juge de paix suppléant de Pétion-Ville, Carl Henry Destin, a appelé le commandant de l’Unité de sécurité générale du Palais national (USGPN), le commissaire Dimitri Hérard. Il dit avoir également appelé le responsable du Cat Team, Paul Eddy Amazan. Entre-temps, le sablier a mangé chaque minute après 1 heure 30 am. Pour les Moïse, les secondes durent une éternité.

Face à son destin, le président Jovenel Moïse ne savait pas que la vingtaine de personnes de la garde de sa résidence allaient se croiser les bras. Du point fixe à l’entrée de Pèlérin 5 à la dernière guérite jusqu’à la chambre du couple présidentiel, les assaillants ont progressé sans rencontrer de résistance. Ils ont emprunté le premier escalier puis le second donnant accès au premier niveau. Dans la salle où Jovenel Moïse tient conférence, la grande table, les chaises, le téléviseur Sharp sont arrosés de balles. La serrure de la porte donnant accès au salon a été arrachée et jetée au sol. Des douilles, comme ailleurs dans la propriété, jonchent le parquet de la salle à manger.

Au second niveau, dans la chambre à coucher, le président Moïse est littéralement criblé de balles. Le juge de paix, Carl Henry Destin, compte 12 orifices sur le corps du président. « Nous avons constaté douze orifices sur le corps du président », avait confié au Nouvelliste le juge de paix suppléant de Pétion-Ville, Carl Henry Destin. « Le bureau et la chambre du président ont été saccagés. Nous l’avons trouvé allongé sur le dos, pantalon bleu, chemise blanche maculée de sang, la bouche ouverte, l’œil gauche crevé. Nous avons vu un impact de balle au niveau de son front, un dans chaque mamelon, trois à la hanche, un à l’abdomen », avait indiqué le magistrat, soulignant « avoir observé 12 orifices fait à l’arme de gros calibre et avec des projectiles 9 mm ».

Autour du corps encore chaud du président Jovenel Moïse, dans cette résidence mise à sac, se sont éparpillés des exemplaires de la Constitution de 1987 et d’autres objets. Au milieu du désordre, le magistrat a constaté sur un bureau le sceau du président de la République, une petite valise rouge contenant 4 passeports au nom du président Jovenel Moïse dont un passeport officiel, un livret de Bank of America aux noms de Jovenel Moïse et de Martine E. Moïse. Sur le parquet de la chambre, une bonbonne est identifiée par les agents de police comme du gaz lacrymogène. L’agent responsable de la sécurité du chef de l’Etat, Jean Alex, a confié au juge que le téléphone du président Moïse, un iPhone (# tel 36231771), a été volé.

La chambre en face de celle du président a été totalement saccagée. Des fils électriques alimentant l’installation des caméras ont été coupés. La fille du président Moïse, Jomarlie, interrogée par le juge, a expliqué s’être réfugiée dans la salle de bain de la chambre de son petit frère. La peur au ventre, les enfants du couple se sont planqués. Après la furie meurtrière, Jomarlie Moïse, 24 ans, a dit avoir retrouvé sa mère blessée au bras, un t-shirt bleu, une jupe à fleur, assise près des escaliers. Des policiers sont venus transporter la première dame à l’hôpital, a confié la jeune femme au juge de paix. Autour de la résidence, la voisine qui a dit au juge avoir entendu des coups de feu et cette voix dire en créole « tout moun soti nan kay la 2 men anlè » et « DEA operation » en anglais, était loin d’avoir des détails glaçants sur la pénétration dans la résidence du couple présidentielle, de la guérite en planche recouverte de tôles où s’étalaient cinq matelas et une table en bois en mauvais état jusqu’à la chambre du président Moïse. Elle ne savait pas non plus qu’un homme et une femme qui sont au service du couple présidentiel depuis 2017 ont été ligotés par des « Blancs ».

Les malabares du CAT et de l’USGPN qui circulent dans des 4X4, armés jusqu’aux dents, n’arriveront pas à temps pour sauver la vie du président Jovenel Moïse. « …On m’a dit qu’ils ne pouvaient pas arriver et qu’ils étaient bloqués. Le commandant Dimitri (Hérard) m’a dit que tous les hommes ne pouvaient pas arriver », a expliqué Jean Laguel Civil dans sa déposition au juge de paix Carl Henry Destin. « Je venais de chez-moi, à Thomassin 37, et au niveau de Pèlerin 2, une équipe du commando qui opérait chez le président m’a braqué. On ne m’a rien fait, heureusement », a ajouté Jean Laguel Civil, qui est sous le coup de mesures conservatoire par la Police nationale d’Haïti qui cherche à savoir pourquoi le système de sécurité du président s’est planté dans les grandes largeurs et surtout pourquoi les 24 agents en poste ont laissé faire les assaillants sans réagir.