Journal le FIGARO: Des milliers de manifestants dans les rues contre l’occupation étrangère demander par le PM defacto Ariel Henry et son gouvernement

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Au lendemain d’un appel du chef de l’ONU au déploiement d’une force armée internationale en Haïti pour aider un pays «paralysé», la manifestation dans la capitale a été émaillée lundi de violences, de scènes de pillages et la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule, a constaté un correspondant de l’AFP. Plusieurs personnes ont été blessées par balle et une personne a été tuée, a également constaté le correspondant de l’AFP.

«Ingérence»

Les organisateurs ont accusé la police d’être à l’origine de ce décès. «Cette jeune fille ne représentait aucune menace. Elle a été tuée en exprimant son désir de vivre dans la dignité», a dénoncé un manifestant quadragénaire qui a souhaité conserver l’anonymat. «Les États-Unis et le Canada font de l’ingérence dans les affaires internes de Haïti», a dénoncé un autre manifestant.

«Nous avons certes besoin d’aide pour développer notre pays. Mais nous n’avons pas besoin de bottes. De plus, ce gouvernement n’a pas de légitimité pour demander une assistance militaire. Nous nous opposons à cette option», a-t-il ajouté. Haïti est le théâtre depuis plusieurs semaines de manifestations violentes et de pillages, après l’annonce par le premier ministre Ariel Henry d’une hausse des prix des carburants.

Des manifestations appelant à sa démission, et qui s’opposent désormais à son appel à l’aide internationale, ont également lieu dans d’autres villes du pays. Le gouvernement haïtien a officialisé vendredi sa demande à la communauté internationale pour une «force spécialisée armée» afin de «stopper, sur toute l’étendue du territoire, la crise humanitaire» provoquée par l’action des gangs, qui gangrènent le pays.

«Infrastructures stratégiques»
Dimanche, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a «exhorté la communauté internationale (…) à examiner en urgence» cette demande. Il a dénoncé dans une lettre aux membres du Conseil de sécurité «les bandes criminelles qui ont pris le contrôle d’infrastructures stratégiques telles que le port international de Port-au-Prince et le principal terminal de carburant du pays (Varreux)».