Journée mondiale des droits des femmes”. Haiti n’est pas encore prêt pour emboîter le pas dans cette lutte.

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Les Grille-de-lectures généralement associées aux notions de droits des femmes incluent, de façon non exhaustive, les droits : d’intégrité corporelle et d’autonomie, de ne pas subir de violence sexuelle, de voter, d’être élue, d’entrer dans un contrat légal, d’être considérée comme l’égale du mari et du père au sein de la famille, de travailler, d’avoir accès à des salaires justes et à l’égalité salariale, de maîtriser sa reproduction(contraception et avortement), de posséder une propriété, d’accéder à l’éducation, en XIXe , XXe siècles dans bon nombres pays du monde les femmes se trouvent dans l’embarras pour exercer ces droits librement , mais suites aux luttes menées par des féministes, militantes sociales, défenseures des droits de femmes entre autres , elles sont quant même arrivées à faire bouger les lignes au fur et à mesure. Malgré tout, la violations des droits de femmes reste jusqu’alors une maladie contagieuse dans des pays riches et pays pauvres.

Dans un pays pauvres comme Haiti, où la majorité de femmes n’ont pas une indépendance financière, les instance concernées (Pouvoir , ministère condition féminine, affaire sociale, entre autres ) n’ont toujours pas une politique bien définie garantissant aux femmes une protection robuste de leurs droits fondamentaux ,on peut tout juste dire que notre cas est complément différents des autres.

Les femmes haitiennes vers la violence, l’exclusion et la discrimination

Haïti est un État partie à la Convention américaine depuis le 27 septembre 1977. L’article premier de la Convention américaine prescrit que les États parties s’engagent à respecter les droits et libertés reconnus dans cet instrument et à en garantir le libre et plein exercice à toute personne relevant de leur compétence, sans aucune distinction fondée, entre autres, sur le sexe. En outre, et conformément au principe de non-discrimination, l’article 24 reconnaît le droit à une protection égale devant la loi et l’article 17 prescrit que les États parties prendront les mesures appropriées pour assurer l’égalité de droits et « l’équivalence judicieuse des responsabilités » des époux au regard du mariage. En reconnaissant les droits fondamentaux de toutes les personnes, sans distinction, cette Convention protège les droits fondamentaux comme le droit à la vie, à la liberté et à l’intégrité de la personne (articles 4, 5, et 7 respectivement). La traite des femmes est expressément interdite et les droits des enfants bénéficient de mesures de protection spéciale selon l’article 19.(Source la convention interaméricaine des droits de femmes )

Pandant que , sur les papiers Haïti est membre des différents instruments régionaux et internationaux luttant pour le respect des droits de femmes et filles du pays la constitution de 1987 à travers ces articles donne aux femmes et filles les mêmes droits qu’aux hommes. mmMalgré tout ça l’inégalité économiques et sociales entre les citoyens font toujours l’unanimité dans la société .Ajouter à ceux-là , à chaque prise de parole dans des rencontres importantes soit à l’intérieur ou à l’extérieur du pays nos représentants prétendent prendre soin des femmes, les respecter et faire valoir leurs droits, mais ce qui reste en réalité archifaux puisqu’il n’est sans savoir pour personne que cette situation reste un défit à élever pour chaque nouveau gouvernement dans le pays.

Bien que l’égalité des droits soit conférée par la loi, les femmes ne jouissent pas de l’ensemble des droits inscrits dans la Constitution de 1987 et de la mesure d’équité prévue à l’amendement de 2012 selon l’article 17.1 instituant un quota cible d’au moins 30% de femmes à tous les niveaux des instances gouvernementales  nationales (en 2018, il y a une seule femme au Sénat et seulement 3 femmes sur 119 à la Chambre des députés). Cette situation est souvent attribuée au manque de formation et de compétences des femmes pour les postes de haute gestion. Au niveau des municipalités, sur 143 cartels de maires et mairesses élus (es), seulement 12 femmes occupent les fonctions de mairesses principales (8%). Les 131 conseils municipaux sont tous gérés par des hommes (92%). Les femmes se retrouvent comme mairesses adjointes soit 130 mairesses.  La situation est encore plus critique en région où très peu de femmes ont accès à la sphère publique. La femme étant en minorité dans les instances du pouvoir, les questions et problèmes concernant particulièrement les femmes sont rarement pris en compte dans les délibérations et décisions. Source (FCM).

Presque dans tous les secteurs du pays , elles sont nombreuses, ces femmes haïtiennes qui sont quotidiennement victimes de brutalité conjugale ou sous les mains des gens qu’elles ne partagent aucun lien et d’exclusion de différentes manières. Elles sont parfois interdites de travailler ou d’avoir des activités économiques leur permettant de répondre comme ça doit à leur besoins besoins et à ceux de leurs familles. Dans ces cas là, la commision interaméricaine des droits de l’homme a identifié que le traumatisme qui accompagne l’acte ; leur répudiation et la stigmatisation par leur communauté ; leur famille;leur partenaire ; de grossesse non désirées ; des infections transmises sexuellement ;des douleurs chroniques sont entre autres effets de cette violence sur les victimes. Par contre ,il est inquiétant que les cas signalés ne fassent pas l’objet d’une enquête appropriée pendant que les complices continuent de circuler sans panique .

Aujourd’hui , il est clair que N’importe quelles femmes haïtiennes peuvent être victimes quelque soit leur niveau économique, éducation, sa position politique, son rang sociale . Mais il ne faut pas oublier qu’une catégorie sont considérées comme les plus exposées face à la violence et à la discrimination , telles sont, les femmes des zones réputées de non-droit, les zones rurales , dans ces endroits les femmes livrent à eux seuls ,non seulement elles n’ont pas d’accès mêmes aux latrines, leurs situations économique sont exagérées mais on a comme l’impression que l’état haïtien ne prend pas conscience que cette catégorie méritent d’être mieux traitées. Selon le rapport de l’EMMUS VI réalisé en 2016-2017, « la possession de biens varie selon le milieu de résidence et l’âge. En milieu rural, 36% de femmes possèdent une maison seule et ou avec quelqu’un d’autre contre 18% de femmes en milieu urbain. Un fort pourcentage de femmes en milieu urbain ne possèdent ni maison (82%), ni terre (84%) comparé en milieu rural respectivement à 64% et 65%18».sources ,Fédération des Canadienne de Municipalités (FCM).

Au niveau de la communauté, les femmes participent peu jusqu’à maintenant au processus de diagnostic et de prise de décision et ne bénéficient pas équitablement des ressources mises en place par les diverses interventions. La lourdeur des responsabilités domestiques réduit la capacité des femmes de participer aux formations, aux consultations, et aux activités économiques diversifiées. La domination des femmes par les hommes est enracinée dans le tissu social : les rôles traditionnels déterminés selon le genre perpétuent la notion d’infériorité de la femme et la discrimination notamment en matière de possession et de gestion de biens capitaux. Par ailleurs, la situation de monoparentalité très élevée en Haïti accentue la vulnérabilité des femmes : en 2012, selon l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique dans sa projection de 2012 près de 5 ménages sur 10 dans les villes sont gérés par une femme seule qui travaille. Cette statistique est légèrement moindre en zone rurale, à 38,7%.
Au niveau des ménages en couple, la tendance est à la hausse dans le pourcentage de femmes participant à la prise de décision, de 53% entre 2005-2006 à 61% en 2012 pour atteindre 69% entre 2016-2017. Cette tendance est plus prononcée en milieu urbain (72%) qu’en milieu rural (67%). Les femmes qui gagnent un revenu participent davantage à la prise de décision (74%) que celles qui n’ont aucun revenu (56%). Pour ce qui est des achats, les femmes participent aux décisions dans 83% des cas et sont seules à décider dans 27% des cas. Source (FCM).

En présence de toutes ces angoisses que font faces le secteur féminin en Haiti sous les yeux de tout le monde, pourquoi parle-t-on de journée internationale des droits de femmes en Haïti ? En tout cas, tout au tant que la majorité de population restent dans l’analphabétisme, dans la crasse , dans l’insécurité financière/alimentaire, l’absence de l’état dans les zones reculés, on ne peut pas parler du respect de droit des femmes. Puisque certains hommes vont les utiliser à leur faim et dans ce cas ,c’est la violation , l’exclusion , la discrimination(…) qu’elles retrouveront en retour et sur ces points, Haiti est le lauréat dans la zone Caraïbes .