JOVENEL MOISE ÉTAIT UN PRÉSIDENT MÉDIOCRE, NUL, CORROMPU, CRIMINEL ET QUI PARLAIT TROP

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Les enlèvements, les arrestations, les persécutions politiques sont aussi une pratique courante pour se débarrasser de ceux qui critiquent le pouvoir de facto de Jovenel Moïse.

Aujourd’hui, la désillusion est grande pour les fans du président Jovenel Moise, comme pour son régime: leur base sociale s’effondre. Le peuple Haïtien ne se laisse décidément plus gruger par ces vieilles recettes, héritées d’une autre ère.

Le but ultime de Jovenel Moïse est de rester le plus longtemps possible maître du pays. Quitte à s’arranger avec l’international, l’oligarchie, une frange des dirigeants politiques malfrats ou s’en prendre à l’intégrité physique des opposants.

Le gouvernement canadien doit mettre fin à l’appui qu’il donne à un président haïtien répressif, corrompu et dépourvu de légitimité constitutionnelle. Au cours des deux dernières années, les Haïtiens ont manifesté une opposition irréductible à Jovenel Moïse dans le cadre de manifestations massives et de grèves générales exigeant qu’il soit démis de ses fonctions.

En juin 2019, la Cous supérieure des comptes et du Contentieux administratif (CSC/CA), dans un rapport sur l’utilisation dues fonds PétroCaribe, a indiqué que Jovenel Moïse, l’homme d’affaires, était au cœur d’un “stratagème de détournement de fonds”..

La CSC/CA doit publier incessamment son dernier rapport. Le rapport PetroCaribe sur les projets restants, prêt à 98 %, sera publié incessamment, avait confié au journal une source proche de la CSC/CA, lundi 1er juin 2020. « Tout est finalisé. Le rapport, prêt à 98 %, sera rendu public incessamment », avait assuré notre source. La publication prévue fin mars a été reportée à cause de la Covid-19 qui a affecté le travail des équipes chargées de sa finition, avait expliqué notre source.

Entre-temps, au niveau judiciaire, le juge d’instruction Ramoncite Accimé continue de poser des actes d’instruction dans le dossier PetroCaribe, en dépit des appels exigeant qu’il se dessaisisse du dossier.
Les juges ont découvert qu’en 2014, pour le même chantier de réhabilitation de route, l’État a signé deux contrats avec deux entreprises aux noms distincts, Agritrans et Betexs, mais qui partagent notamment le même matricule fiscal et le même personnel technique.

« Les deux entreprises ont réalisé distinctement les mêmes ouvrages aux mêmes dates », révèle le rapport de la Cour qui conclut qu’il s’agit « ni plus ni moins qu’un stratagème de détournement de fonds ».

Avant son arrivée au pouvoir en 2017, Jovenel Moïse était à la tête de l’entreprise Agritrans, laquelle a reçu plus de 33 millions de gourdes (plus de 946 000 $ CA, au taux de l’époque) pour ce projet routier, alors que son activité consistait à de la production bananière.

L’état de ce tronçon de route suscite des questionnements et démontre qu’il y a un décalage énorme entre les sommes dépensées et la réalité des travaux qui auraient été effectués.

Une citation de : Extrait du rapport des juges, après leur visite de terrain
Pour ce chantier, l’entreprise de l’actuel président avait par ailleurs reçu une avance de fonds près de deux mois avant la signature du contrat, ce qui fait aujourd’hui dire aux magistrats « qu’il y a eu collusion, favoritisme et détournement de fonds ».

Un autre chantier de réhabilitation routière a été attribué à Agritrans en 2015, malgré l’avis défavorable de la Cour des comptes qui avait notamment relevé à l’époque une violation des lois de passation de marché public.

Entre 2008 et 2018, Haïti a bénéficié du programme Petrocaribe, mis en place à l’initiative de l’ancien président vénézuélien Hugo Chavez, qui a permis à plusieurs pays d’Amérique latine et des Caraïbes d’acquérir des produits pétroliers à un prix avantageux.

Toujours perçu comme source de gaspillage et de corruption, ce fonds a déjà donné lieu, en 2016 et 2017, à deux enquêtes sénatoriales. Depuis l’été 2018, le mouvement citoyen « Petrocaribe Challenge » a multiplié les manifestations à travers le pays, poussant la Cour supérieure des comptes à lancer son audit.

Depuis le 7 février, Jovenel Moïse occupe le palais présidentiel de Port-au-Prince à l’encontre des articles 134.2 et 134.3 de la Constitution et 239 de la loi électorale reconnus par l’écrasante majorité des institutions du pays. La demande de Moïse de prolonger d’une année son mandat a été rejetée par le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, la Fédération des Barreaux d’Haïti et d’autres institutions constitutionnelles. L’opposition avait nommé un juge de la Cour de cassation pour qu’il dirige un gouvernement intérimaire après l’expiration de son mandat, mais Moïse a illégalement fait arrêter l’un des juges de la Cour de cassation et en a destitué trois autres. De plus, la police a occupé la Cour de cassation et a réprimé les manifestants, tirant sur deux reporters qui couvraient les manifestations. Les juges du pays ont lancé une grève illimitée pour forcer Moïse à respecter la Constitution.

Depuis janvier 2020, Moïse gouverne par décret. Après l’expiration des mandats de la plupart des membres du gouvernement parce qu’il n’a pas tenu des élections, Moïse a annoncé le projet de réécrire la Constitution. Des élections justes sont impossibles sous la direction de Moïse parce qu’il a récemment fait pression sur l’ensemble du conseil électoral pour que les membres de celui-ci démissionnent, et qu’il a ensuite nommé unilatéralement de nouveaux membres.

La légitimité de Moïse a toujours été faible, et il a recueilli moins de 600 000 voix dans un pays de 11 millions d’habitants. À partir de l’éclatement des manifestations massives contre la corruption et contre le Fonds monétaire international (FMI) de la mi-2018, Moïse n’a pas cessé d’accroître la répression. Un récent décret présidentiel a criminalisé les personnes qui dressent des barricades de protestation, considérant ce geste comme du « terrorisme », tandis qu’un autre décret a créé une nouvelle agence de renseignement ayant des agents anonymes autorisés à infiltrer et à arrêter toute personne considérée comme se livrant à des actes « subversifs » ou menaçant la « sécurité de l’État ». L’ONU a confirmé, dans le cadre d’un des pires cas documentés, la culpabilité du gouvernement haïtien dans le massacre d’au moins 71 civils dans le quartier pauvre de La Saline, à Port-au-Prince, survenu à la mi-novembre 2018.

Toutes ces informations sont à la disposition des autorités canadiennes, mais celles-ci continuent de financer et de former une force de police qui a violemment réprimé les manifestations organisées contre Moïse. L’ambassadeur du Canada en Haïti a assisté à plusieurs reprises à des cérémonies de la police tout en refusant de critiquer les actes de répression contre les manifestants commis par celle-ci. Le 18 janvier, l’ambassadeur Stuart Savage a rencontré le controversé nouveau chef de police Léon Charles pour discuter du « renforcement des capacités de la police ».

Les représentants du Canada de l’influent « Core Group », composé des ambassadeurs des États-Unis, de la France, de l’OEA, de l’ONU et de l’Espagne, à Port-au-Prince, ont offert à Moïse un important appui diplomatique. Le 12 février, le ministre des Affaires étrangères du Canada, Marc Garneau, s’est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères de facto d’Haïti. La déclaration sur la réunion a annoncé des programmes mixtes d’Haïti et du Canada d’accueillir une conférence prochaine. La déclaration ne mentionnait cependant pas le fait que Moïse avait prolongé son mandat et limogé illégalement des juges de la Cour de cassation, qu’il gouverne par décrets ou qu’il criminalise les manifestations.

Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) vous remercie de lui offrir cette opportunité de partager avec vous des informations précises sur la situation des droits humains en Haïti.

Nous savons que le Département d’Etat des Etats-Unis est particulièrement bien informé sur Haïti mais, nous restons convaincus que nous pouvons, par notre lecture de la situation, vous permettre d’éclairer certains points d’ombre.
D’entrée de jeu et sans différer, nous vous dirons que les conditions générales de vie de la population sont catastrophiques car, les droits économiques et sociaux ainsi que les droits civils et politiques du peuple haïtien sont constamment violés.

Sur les droits économiques et sociaux
Les Haïtiens et Haïtiennes, appauvris par une structure étatique n’ayant jamais mis l’humain au centre des intérêts et par la succession au pouvoir d’hommes et de femmes politiques corrompus, vivent aujourd’hui dans une pauvreté extrême.

Les statistiques les plus favorables estiment que le tiers de la population haïtienne est sujette à une crise alimentaire aigue. Les droits au logement décent, à l’éducation, à la santé, au travail de la population sont violés de manière systématique. Sur les droits de la population à la sécurité En plus de cette pauvreté extrême dans laquelle patauge une grande frange de la population haïtienne, les citoyens sont constamment la cible de bandits armés. Au moins 117 personnes ont été assassinées de janvier à mars 2021, parmi elles 20 policiers.

Depuis 2018, 11 massacres et attaques armées ont été perpétrés dans les quartiers défavorisés par des gangs armés proches du pouvoir. Et, le bilan de ces événements est très lourd : 356 personnes au moins ont été assassinées. 103 autres sont portées disparues et 32 femmes et filles au moins ont subi des viols collectifs.

Les kidnappings constituent aujourd’hui la manifestation la plus cruelle de la banalisation de la vie et du non-respect de la dignité humaine. Personne n’est épargné et toutes les couches sociales sont touchées par ce phénomène. Et, de manière générale, les femmes et les filles sont violées au cours de leur séquestration.

Des sommes faramineuses sont versées aux ravisseurs alors qu’il n’y a aucune garantie que les victimes seront remises en liberté.

Ces actes attentatoires aux vies et biens sont perpétrés par des gangs armés qui jouissent pour la plupart, de la bénédiction des autorités au pouvoir, c’est-à-dire, celles-là même qui les avaient invitées à se fédérer en juin 2020.

Les membres de ces gangs armés deviennent de plus en plus arrogants. Ils sèment la terreur à
leur guise, poursuivent leurs victimes en pleine rue, en plein jour pour les enlever et abattent tout
simplement les personnes qui n’acceptent pas d’être emmenées.

Les agents de la Police Judiciaire invitent les proches des victimes d’enlèvement à négocier les
rançons réclamées par les ravisseurs. Pourtant, c’est en fait toute une classe sociale – c’est-à-dire, la
classe moyenne – qui migre vers les couches défavorisées, à cause du kidnapping.

Aucune réponse proportionnelle au drame que vit le pays n’est donnée par les autorités
étatiques.

D’une part, les différents programmes qui auraient dû permettre l’amélioration des conditions
de vie de la population n’ont donné lieu qu’à des scandales de corruption. Et, alors que les projecteurs
sont fixés sur le comportement des autorités judiciaires dans le traitement du massacre de La Saline
survenu dans la nuit du 13 au 14 novembre 2018, 10 autres massacres et attaques armées ont eu lieu
dans les quartiers défavorisés de Port-au-Prince dont La Saline en 2019 et 2020.

C’est aussi après que les sanctions eurent été prises par le département du trésor des Etats-Unis,
à l’encontre de 2 officiels impliqués dans ce massacre, que la dernière attaque armée du Bel-Air est
survenue. C’est enfin le 13 février 2021, que Fednel Monchéry, l’un de ces officiels indexés dans ce
massacre a été arrêté lors d’une vérification de routine. Il a été libéré immédiatement, sur intervention
de ses protecteurs. Il était l’ancien directeur général du ministère de l’intérieur et des collectivités
territoriales.