La militante politique Marie Antoinette Duclaire est tombée sous les balles assassines

92

Les corps sans vie de Antoinette Duclaire et de plusieurs autres personnes sont retrouvés sans vie dans la matinée du 30 juin à la rue Acacia à Christ-Roi.  Antoinette Duclaire (Netty), figure emblématique de Matris Liberasyon est décédée après avoir reçu 4 projectiles au volant de sa voiture. La militante politique s’opposait au régime criminel du PHKT. Elle croyait dur comme fer que le bien-être du citoyen haïtien est impossible s’il refuse de se battre.

Femme aguerrie, Netty était consciente du danger que le guettait au quotidien. « La vie du citoyen est danger partout en Haiti. Quelqu’un qui laisse chez lui le matin, ignore totalement, s’il va rentrer le soir. Le danger est partout en Haiti », constatait la porte-parole de Matris Liberasyon.

Femme de micro, Antoinette Duclaire a travaillé comme journaliste à la Radiotélévision Pacific. Ensuite, elle a coanimée une émission diffusée sur Radio Sans Fin (RFS) avant rejoindre la commission de passation de pouvoir qui devait s’assurer du remplacement de Jovenel Moise à la magistrature suprême de l’Etat.

La militante dans l’âme rêvait toujours d’un pays où les jeunes de sa génération s’immisceraient dans la politique pour renverser la tendance et travailleraient pour la construction d’un pays où la justice triomphera.

« Ma génération doit se battre pour avoir de bonnes élections dans le pays. Des élections qui doivent introduire d’autres types d’acteurs dans l’administration de l’État », souhaitait Antoinette Duclaire dans une interview accordée au quotidien Le Nouvelliste.

Pourtant, elle est partie dans la nuit du 29 juin avec sa fougue, son envie de voir changer les choses, sa volonté de construire une société forte et de participer à la mise en place d’Etat fort.

La jeune sociologue de 33 ans faisait l’objet des menaces pour ses positions critiques par rapport au pouvoir en place. Dans la soirée du mardi 23 février, la maison familiale d’Antoinette Duclaire a essuyé des tirs d’individus circulant à motocyclette. Pour la militante c’était un acte raté.

Quatre mois plus tard, elle tombe sous les balles assassines des bandit armés. Elle était en compagnie de Diego Charles, un journaliste de la Radio Vision 2000 qui a reçu trois projectiles.