la politique de communication de la PNH : est-elle partie prenante ou restée en marge de l’extension de la communication ?

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La police nationale est omniprésente dans les médias, tant dans le registre de l’information que dans celui du divertissement. Pourtant, cette publicité intensive ne va pas de soi pour une institution dépositaire de la force publique, fonctionnellement tournée vers le secret et soucieuse de sa réputation. Elle intègre de nombreux enjeux. À un premier niveau, la police trouve dans les médias une tribune providentielle pour promouvoir ses services, ses activités et ses résultats, et ce jusque dans les fictions grand public. Cependant, le foisonnement de ses apparitions médiatiques rend d’autant plus nécessaire mais difficile le maintien d’une image publique cohérente et positive. À un degré supérieur, les médias représentent une arène politique où se joue une lutte permanente pour définir la réalité et prescrire les orientations de l’action publique.

les médias constituent une « incertitude cruciale » pour l’institution policière. On peut alors s’interroger sur les stratégies que celle-ci mobilise pour en conjurer les menaces et en exploiter les opportunités. Pour la sociologie de la communication, il renvoie à des procédures internes de contrôle de la parole publique : on entend par là une distribution instituée du pouvoir de parler, mais aussi des procédés de « lissage » discursif, à savoir « un système de contraintes qui fixe les contours de l’énonciation légitime » pour en garantir la continuité et la cohérence.

la politique de communication de la police nationale : celle-ci est-elle partie prenante ou restée en marge de l’extension de la communication ? Quel est le degré d’intégration et de formalisation des relations presse dans la force publique ?

Me Gédéon Jean a évoqué aussi le Pacte international sur le droit civil et politique ainsi que la Convention américaine relative aux droits de l’homme signés et ratifiés par l’État haïtien. « Ces deux documents reconnaissent le droit syndical », a-t-il souligné. Cependant, ces documents reconnaissent aussi à l’État le droit de porter des restrictions pour des institutions comme l’armée et la police, a-t-il dit.

Pour Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), il n’est pas interdit aux policiers de se syndiquer. « Le fait que c’est une police civile, il n’est pas interdit aux policiers de former des syndicats. La Constitution n’empêche pas non plus la formation d’un syndicat au sein de la Police nationale », a-t-il rappelé.

Cependant, pour le défenseur des droits humains, ce qui s’est passé le vendredi février 2020 à l’Inspection générale de la police « est inacceptable ».  « Les policiers qui se regroupent en syndicat ne doivent pas donner la perception qu’ils cherchent à blanchir certains policiers qui font l’objet d’enquête à l’Inspection générale », a-t-il précisé, tout en soulignant l’importance de l’Inspection générale dans les actions des policiers.

Pour un autre ancien cadre supérieur de la PNH, ce qui s’est passé à l’Inspection générale est effectivement inacceptable. Toutefois, il a évoqué la hiérarchie des normes pour reconnaître le droit aux policiers de se syndiquer malgré l’interdiction des règlements de la police. Toutefois, s’est-il empressé de souligner, cela doit se faire dans l’ordre, pas dans l’indiscipline actuelle. Pour cet ancien haut cadre la PNH, la direction générale de la police devrait d’abord écouter et discuter avec les policiers qui manifestent leur désir de se syndiquer.

Selon lui, un syndicat policier devrait s’appuyer sur un cadre légal, qui n’existe pas actuellement. C’est de la création de ce cadre légal que les responsables de la police auraient dû discuter d’abord avec les policiers.

Vendredi dernier, lors de l’audition de la policière Yanick Joseph, présentée comme le leader du syndicat des policiers, les agents de l’ordre ont manifesté et tiré en l’air pour exprimer leur soutien à la porte-parole du syndicat. Le directeur général de la Police nationale d’Haïti, qui dénonce des actions de violence et de vandalisme de la part de ces policiers, a annoncé que « dans le souci de préserver l’intégrité morale de l’institution policière, la discipline de sa marche et la cohésion institutionnelle et de maintenir l’orde public, tous les auteurs et complices de ces actes de violence et de vandalisme qui constituent de graves infractions pénales, outre les sanctions administratives, seront poursuivis et amenés devant les tribunaux compétents pour répondre de leurs forfaits»…

source :Le Nouvelliste