Le criminel chef de gang haïtien “Barbecue” employé de Martine Moise et l’économie criminelle à la base de la violence et de l’insécurité

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« Jimmy Cherisier est un chef de gang qui travaille pour le pouvoir en place de l’ancien président Jovenel Moise » dixit Pierre Espérance

Le directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) informe que la déclaration du Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, demandant aux policiers de tout mettre en œuvre afin de procéder à l’arrestation de Jimmy Chérisier aka Barbecue, intervient suite à une correspondance de la Congresswoman Maxine Waters adressée à l’ambassadrice américaine en Haïti, Michel Sison. Dans cette lettre, la Congresswoman lui a fait part de ses préoccupations sur le fait que Jimmy Chérisier continue d’être impliqué dans des massacres dans la capitale haïtienne soutient Pierre Espérance.

‘’Jimmy Cherisier est un chef de gang qui travaille pour le pouvoir en place. C’est un ancien policier qui a été révoqué pour détention illégale d’armes à feu. De 2017 à date, Jimmy Cherisier est impliqué dans, au moins, 6 massacres parmi lesquels le massacre de Grand Ravine et celui de La Saline’’ martèle Pierre Espérance soulignant que la déclaration du Ministre de la Justice est une déclaration pour la galerie et pour la consommation de l’internationale. L’équipe au pouvoir n’a aucune intention de mettre la main au collet de M. Cherisier ajoute-t-il.

Pour justifier ses dires, il a fait référence à une vidéo laissant aperçu Jimmy Cherisier étale ses relations de bons voisinages avec des forces de l’ordre assurant sa sécurité lors d’une distribution des kits alimentaires à des ménages à Delmas 6 au début du mois d’Avril 2020. Depuis lors, aucune disposition n’a été prise par l’inspection générale de la Police Nationale contre ces policiers qui seraient en connivences avec Barbecue.

En outre, la déclaration du Ministre arrive à un moment où le Conseil de Sécurité des Nations s’apprête à se réunir pour évaluer la mission des Nations Unies en Haïti et pour analyser la situation sécuritaire du pays selon le défenseur des Droits Humains.

Le célèbre chef de gang haïtien Jimmy “Barbecue” Cherizier a déclaré qu’il allait lever temporairement le blocus des terminaux pétroliers qui a entraîné des pénuries catastrophiques dans le pays des Caraïbes et aggravé des crises politiques et économiques déjà profondes.

Depuis près d’un mois, l’alliance de gangs G9 de Cherizier empêche les camions d’atteindre le terminal de carburant de Varreux, à l’extérieur de la capitale, Port-au-Prince, ce qui a entraîné des pénuries qui ont obligé les hôpitaux, les entreprises et les écoles à limiter leurs activités.

“Les portes de l’usine de Varreux sont grandes ouvertes pour que les camions puissent s’approvisionner sans crainte”, a déclaré M. Cherizier vendredi dans des commentaires diffusés en ligne.

“Les hôpitaux, les écoles, les universités, les ambassades doivent rouvrir et pouvoir s’approvisionner sans problème”, a-t-il ajouté.

Haïti a connu des mois d’escalade de la violence des gangs, avant que l’assassinat du président Jovenel Moise en juillet ne plonge le pays dans une crise politique plus profonde après des années d’incertitude.

Des milliers de personnes ont été déplacées, et le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a signalé en mai que des dizaines de personnes avaient été tuées par balles à Bel Air et Cité Soleil, deux quartiers pauvres de Port-au-Prince, depuis août 2020 dans le cadre de la recrudescence de la violence.

Le groupe de défense des droits des Haïtiens a reproché aux autorités haïtiennes de ne pas s’attaquer aux abus “massifs et systématiques” auxquels les habitants sont confrontés dans des communautés “où des crimes odieux ont été perpétrés”.

Le G9 contrôle des quartiers entiers de la capitale et ses membres ont été accusés d’assassinats et de massacres, y compris de meurtres de nourrissons. Cherizier a catégoriquement nié toute responsabilité dans ces crimes.

La situation a attiré de nouveau l’attention internationale le mois dernier lorsqu’un groupe de 17 missionnaires chrétiens – 16 citoyens américains et un canadien – a été enlevé. Les autorités haïtiennes ont imputé l’enlèvement à un gang connu sous le nom de 400 Mawozo. Les missionnaires sont toujours en captivité.

Cette semaine, les États-Unis ont exhorté leurs citoyens à quitter Haïti dans un contexte d’incertitude, tandis que le Canada a annoncé vendredi qu’il retirait le personnel non essentiel de son ambassade, car “la situation sécuritaire en Haïti se détériore rapidement et est exacerbée par les pénuries de carburant en cours”.

Depuis l’année 2018, la prédominance des gangs armés redevient la principale source d’insécurité avec des cas d’enlèvements spectaculaires au début de l’année 2021.

Les chefs de gangs règnent sur des quartiers en déjouant les forces de l’ordre. Qui plus est, la PNH semble être complètement impuissante face à la guérilla de ces gangs armés. L’assassinat du président Moïse a conforté cette hypothèse.

L’évolution de l’insécurité et de la criminalité s’est accompagnée d’une dégradation accélérée de la gouvernance des institutions judiciaire et policière ainsi que d’une détérioration des conditions de vie de la population haïtienne.

L’économie est entrée en récession depuis 2019 avec deux années consécutives de croissance économique négative : -1,7 % en 2019 contre -3,3 % en 2020. Ce contexte a facilité l’émergence d’une économie criminelle.

Le spécialiste Noël Pons fait ressortir toute la complexité de définir l’économie criminelle à la base de la violence et de l’insécurité, en particulier du kidnapping. Selon lui, l’économie criminelle « est présente, logiquement, sur les marchés interdits : celui de la drogue lui est naturellement échu, celui de la traite des êtres humains est l’une de ses activités de prédilection. Ces deux secteurs constituent à eux seuls une source de profits immenses et rémanents, mais ils évoluent vers l’économie grise. Celui des enlèvements, apanage des bandes rivales, est devenu l’accompagnateur discret de ces deux premières activités dans les pays fortement criminalisés, jusqu’à constituer une véritable industrie pour de nombreux sicaires. »

Une définition qui correspond bien à la réalité haïtienne d’aujourd’hui et qui ne changera pas de sitôt.