Le syndrome d’ hubris, la maladie du pouvoir : ces “maréchal têtus ” chefs d’État Haïtiens assassinés au pouvoir .

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Perte du sens des réalités, intolérance à la contradiction, actions à l’emporte-pièce, obsession de sa propre image et abus de pouvoir… Ce seraient quelque uns des symptômes d’une maladie mentale liée à l’exercice du pouvoir, le syndrome d’hubris.

Dans ses Discours sur la condition des grands, Pascal jugeait utile d’éduquer les futurs puissants en leur rappelant que leur détention du pouvoir tenait avant tout du hasard : « Surtout ne vous méconnaissez pas vous-même en croyant que votre être a quelque chose de plus élevé que celui des autres […] Car tous les emportements, toute la violence, et toute la vanité des Grands vient de ce qu’ils ne connaissent point ce qu’ils sont. » Le pouvoir exerce une fascination indéniable, autant sur ceux qui le subissent que sur ceux qui l’exercent. Assurément, l’exercice du pouvoir n’est pas une activité comme une autre et n’échoit pas au premier venu, mais les « Grands » se souviennent-ils suffisamment de leur condition de simple mortel ? Un livre et un article récents plaident pour l’instauration d’une nouvelle entité médicale qui concernerait les personnalités politiques dirigeantes : elles seraient « intoxiquées » par un étrange agent pathogène – le pouvoir – les conduisant à manifester un narcissisme pathologique.

La plupart des présidents Haïtiens se font régulièrement soigner à l’étranger. Quand leur absence se prolonge, les rumeurs vont bon train et les souvenirs de leurs homologues morts en exercice se réveillent.

L’instabilité politique qui régnait en Haïti avant l’occupation américaine de 1915 était à son paroxysme. En 4 ans, de 1911 à 1915, le Pays a connu 7 Présidents. Le dernier fut Vilbrun Guillaum Sam assassiné au pouvoir. Ce crime a eu lieu 24 heures avant l’occupation américaine, soit le 28 juillet 1915.

Antoine Simon assurait la succession du Président Nord Alexis après le Procès de la Consolidation de 1908 à 1911. Cincinnatus Lecomte, 14 août 1911-8 août 1912 (12 mois). Tancrède Auguste, 8 août 1912-2 mai 1913 (9 mois). Michel Oreste, 4 mai 1913 – 27 janvier 1914 ( 7mois) .

Oreste Zamor 8 février 1914 – 27 octobre 1914 ( 9 Mois). Davilmar Théodore, 7 novembre 1914-22 février 1915 et en dernier lieu, Vilbrum Guillaum Sam qui était arrivé au pouvoir le 5 mars 1915 et assassiné le 28 juillet 1915, soit 24 heures avant le débarquement des Militaires américains dans le Pays.

Depuis la grande mobilisation des 6 et 7 juillet 2018, le pouvoir de Jovenel Moïse sombrait dans une interminable instabilité sociale, économique et politique. De février 2017 à juillet 2021, pas moins de 7 Premiers Ministres ont rodé autour de lui.

Dr Jacques Guy Lafont, Henry Céant, Michel Lapin, William Michel, Joseph Jouthe, Claude Joseph et le dernier en date le Dr Ariel Henry. Aucun d’eux n’est parvenu à instaurer la paix et la sécurité dans le Pays. Bien au contraire, la situation allait s’empirée. Les 6 et 7 juillet 2018, le pays s’était soulevé en effervescence contre le budget criminel de Jovenel Moïse.

Ce fut le premier coup de fouet assené à son administration. Par la suite, ce fut le tour du Mouvement des Petro-Challengers allait prendre la relève. A travers tout le Pays, ils exigeaient des comptes sur les 4,2 Milliards de dollars américains. Ces fonds ont été gaspillés par le régime PHTK et ses prédécesseurs.

Les rapports de la Commission Anti-Corruption du Sénat et la Cours Supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSC/CA) sont clairs. Ils ont pu découvrir que le Président nageait dans la corruption à ciel ouvert. Chaque page du rapport fait état de dilapidation des Fonds Petro Caribe. Depuis lors, le Pouvoir de Jovenel Moïse sombrait dans une instabilité politique.

Et aujourd’hui encore, il continue à s’accrocher au pouvoir grâce l’appui intéressé de la Communauté Internationale. Depuis le 7 février 2021, toutes les Forces Vives du Pays devraient se joindre à l’opposition démocratique. Objectif exiger le respect stricte de l’article 134-2 de la constitution du 29 mars 1987 amendée.

Le Président Jovenel MOÏSE n’a jamais voulu entendre raison. Bien au contraire, il en a profité pour persécuter les principaux acteurs politiques, artistiques et économiques. En dernier lieu, il a profité de la tenue des élections pour relancer son fameux projet de Référendum pour changer manu-militari la constitution.

La résistance monstre de tous les secteurs de la vie nationale l’en a dissuadé. Le projet de référendum n’a pas eu lieu. Mais, il ne l’a pas abandonné définitivement non plus. C’est clairement mentionné dans le calendrier électoral de son Conseil Electoral Personnel (CEP) bidon. Il est prévu pour le mois de septembre 2021.

Le référendum de Jovenel Moise et les élections générales seront organisés dans un pays gangstérisé à outrance. Le président de la république menaçait ses opposants en les promettant de les taper violemment sur les mains. Aux 1ères heures du 7 juillet 2021, un commando armé a pénétré dans la résidence privée du Président Jovenel Moïse.

Ce dernier a péri assassiné au cours de cette attaque. Son épouse, sortie grièvement blessée a été transférée en Floride pour être soignée. Ci-Gît, Jovenel Moïse, 58ème Président d’Haïti, mort le 7 juillet 2021, à l’âge de 53 ans. Jovenel est décédé certes. Mais, rien ne pourra réparer les torts causés à ses milliers de Martyrs et à la nation toute entière non plus.

De quoi s’agit-il exactement ? En tant que « syndrome », l’hubris se compose de différents symptômes (ou signes). D. Owen en dénombre 14 et, selon lui, la présence simultanée de trois d’entre eux permet de poser le diagnostic. Parmi ces signes, citons : une inclination narcissique à voir le monde prioritairement comme une arène où exercer son pouvoir et rechercher la gloire ; un souci disproportionné pour l’image et l’apparence ; une confiance excessive en son propre jugement et un mépris pour les critiques et les conseils d’autrui. Le déclencheur de cette maladie serait l’exercice même du pouvoir, généralement précédé d’un grand succès, et suivi d’une ascension irrésistible et populaire, qui s’accompagne d’une absence inhabituelle de contraintes, aboutissant à une centralisation des pouvoirs.

Source: impulsewebmedia/ Lepatriote/ Ulysse Jean Chenet