l’USGPN à l’ENS : Une dictature en miniature règne en Haiti

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Le système de contrôle des sociétés démocratiques est fort efficace ; il instille la ligne directrice comme l’air qu’on respire. On ne s’en aperçoit pas, et on s’imagine parfois être en présence d’un débat particulièrement vigoureux. Au fond, c’est infiniment plus performant que les systèmes totalitaires.

Des agents de l’Unité de sécurité générale du palais national (USGPN) ont passé à tabac deux professeurs de l’Ecole normale supérieure, vendredi 13 mars 2020, à la suite d’incidents ayant créé une situation de tension dans les parages des deux institutions. Étudiants et membres du personnel administratif en sont également sortis victimes. Réagissant à la question dans une note rendue publique lundi, le rectorat de l’Université d’État d’Haïti (UEH) dit déplorer et condamner énergiquement les graves agressions commises par des agents de l’USGPN et annonce des poursuites auprès des instances concernées.

Le rectorat de l’UEH évoque la disproportion des réactions des agents de l’USGPN ce jour-là. « Ces derniers (agents) ont fait peu de cas des principes constitutionnels de l’inviolabilité de l’espace universitaire et du respect des droits élémentaires et de la dignité des membres du personnel académique et non académique », fait savoir le recteur Fritz Deshommes, signataire de ladite note, avant de rappeler que l’Ecole normale supérieure constitue l’un des principaux établissements nationaux qui pourvoient au pays le plus grand nombre d’enseignants qualifiés et de chercheurs de haut niveau.

Se disant solidaires des victimes, le personnel et la direction de l’Ecole normale supérieure (ENS), le rectorat de l’UEH assure que des poursuites seront engagées, notamment auprès des autorités judiciaires, afin de « faire la lumière sur ces graves incidents », tout en cherchant à identifier et punir les coupables selon la loi.

Une victime va porter plainte et demande justice et réparation

Selon certains témoignages, ce grave incident s’est produit au moment où s’éclataient des échauffourées entre deux individus (dont l’un serait un étudiant) à l’extérieur du bâtiment de l’École normale supérieure qui se retrouve à quelques enjambées de l’entrée sud du palais national. Il y a des jets de pierres, rapporte l’un des professeurs victimes qui, constatant la situation, a dit se dépêcher pour déplacer et retirer sa voiture dans les parages où des rafales ont retenti. En témoigne un extrait d’une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, montrant entre autres un policier pointant son fusil en direction de l’établissement.

Pour l’un des deux professeurs victimes, les agissements des policiers étaient motivés. « L’un a arraché la plaque de ma voiture et l’a criblée de projectiles. Un autre, en civil, a tabassé un autre collègue. Au moment d’intervenir, pour tenter de calmer la situation, un autre agent est intervenu et m’a sévèrement frappé avec son fusil. Il m’a frappé à la tête, arraché mes lunettes avant de me les remettre…», témoigne la victime, annonçant également des poursuites au niveau de la justice, afin d’obtenir justice et réparation.

Depuis des mois, plusieurs étudiants tiennent un mouvement de revendication à l’École normale supérieure (ENS), pour exiger le respect du « Protocole d’accord » conclu entre l’École normale normale supérieure et le ministère de l’Éducation nationale, concernant leur  stage et nomination dans le système éducatif.  « Environ 150 étudiants notamment de la promotion 2013-2017 sont concernés par cette question et veulent leur lettre de nomination », rappelle Cassignol Gilbertson, un des leaders du mouvement, déplorant le non-respect des engagements dudit protocole de la part des autorités.

L’État n’existe pas, sinon par à-coups, et toujours sous la forme policière, quand il envoie par exemple ses policiers briser les professeurs de l’UEH.

Toutefois, cette manière de gouverner cher aux dictateurs Haitiens, on le nomme« commandement» , ce type de pouvoir se ramène au droit de commander, c’est-à-dire d’exiger, de contraindre, d’interdire, d’obliger, d’autoriser, de soumettre, de punir, de
récompenser, d’être obéi, bref d’enjoindre et de diriger.

credit Photo : Ted Actu