« Nous vivons comme des bêtes », le cri des déplacés de Martissant

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Sorti de troubles après les évènements des 30 et 31 octobre 2014, suivis de l’organisation réussie d’élections, le Burkina venait de donner au monde, une belle leçon de démocratie. Une preuve de plus pour montrer à la face du monde, sa capacité à transcender les individualités pour se projeter vers le développement au profit d’un peuple avec de fortes attentes. Malheureusement, l’espoir semble replonger dans un perpétuel recommencement de cycle. D’où cette question : le Burkina est-il en panne de leaders ?

Le caractère est inné, disent les psychologues, mais la personnalité dépend de l’éducation, du milieu et de toute la culture. Et l’homme dévoué à exercer une responsabilité doit transcender les fausses occupations et s’investir proprement vers le respect du contrat social avec le peuple. Cela exige du responsable, de l’abnégation, un don de soi et la volonté de jouer son rôle dans l’évolution de l’histoire de son peuple. Tout est une question de personnalité. Tout comme le mécanicien ou l’ouvrier, chacun doit faire évoluer positivement l’histoire et marquer l’évolution de sa patrie.

En effet, depuis l’arrivée au pouvoir d’une certaine génération, on ne peut être que déçu par le comportement des hommes commis à de grandes tâches de responsabilité, au regard de la situation dans laquelle se trouve le pays. Mais on ne trompe pas un homme. Un homme se trompe lui-même. Souvent, en jetant un regard sur le passé de certains pour essayer de découvrir leur passé, on est surpris par leur comportement en matière de responsabilités qu’ils doivent incarner au moment où ils avaient la main sur le cœur quand on parlait de peuple, de justice et de liberté.

Aujourd’hui, une partie du peuple qui avait placé son espoir en certains responsables semble être désappointée par le manque de personnalité de ces responsables, quand on fait un come-back sur les promesses de campagne comme la rationalisation des institutions, la diminution du train de vie de l’Etat et les actes posés après quatre ans de gestion. La manifestation de la confiance du peuple vis-à-vis du contrat social semble avoir pris un grand coup. Et ce qui est regrettable, c’est que certains s’adonnent à un jeu de cache-cache. Il y a par exemple toutes ces mobilisations pour subventionner la délivrance massive de la Cartes nationale d’identité burkinabè (CNIB).

Est-ce maintenant que des responsables se rendent compte que cette pièce d’identification est importante pour les citoyens ? Et pourquoi attendre l’approche des échéances électorales pour savoir qu’il est important de permettre à des citoyens de se prémunir de leur carte d’identité burkinabè ? Quelle ambition vous cachez dans vos agendas ? L’importance de cette carte ne se mesure-t-elle qu’à l’approche uniquement de vos ambitions personnelles ? Ce sont autant de questions qui méritent de profondes réflexions des uns et des autres.

Certains de ces responsables, la main sur le cœur au moment des hymnes, avec cette hargne de respecter certaines valeurs humaines, ont viré de chemin et le grand danger réside dans les fausses satisfactions issues des illusions démocratiques. En regardant les élections à venir, l’argent sera encore un point focal de programme politique au Burkina, avec les prémices que l’on commence à observer sur le terrain. Voulons-nous renouer avec les vieux démons de la politique pratiquée dans certaines contrées en Afrique ? La vision d’un leader, semble-t-il, est de faire évoluer son pays et non le contraire. Mais les actions sur le terrain risquent de replonger le pays dans des troubles, si l’on ne prend garde.

Souvent, on se demande comment les politiciens font pour diriger un pays dans lequel, il est difficile de trouver certaines valeurs comme l’honnêteté, la dignité et la responsabilité. Le caractère de certains responsables interpelle l’opinion. Quand on prend des aspects comme le social, le moral ou l’économique, le niveau est à géométrie variable. L’image que certains leaders pensent avoir incarnée par leur personnalité n’indique pas la voie à suivre et à imiter.

Au regard de la situation actuelle du pays, certaines valeurs que doivent incarner les leaders d’un pays aspirant au développement semblent être marquées par de mauvais exemples de modèles depuis le sommet