“Pourquoi Haïti peut réussir?” : La négation des projections pessimistes ?

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“Pourquoi Haïti peut réussir?” : La négation des projections pessimistes ?
L’économiste Enomy Germain rompt avec la longue tradition de prévisions alarmantes sur Haïti. Contrairement à beaucoup de ses pairs, au lieu de faire le constat de la situation catastrophique, il a opté pour raviver la flamme de l’espoir dans le cœur et l’esprit des haïtiens. Dans son essai ayant pour titre « Pourquoi Haïti peut réussir ?» il propose des pistes de solution à nos malheurs. Loin de se contenter de décrire la cause de nos malheurs, il suggère un moyen de sortir du bourbier.


Suite aux mouvements de protestation populaire des 6 et 7 juillet 2018, Enomy Germain, alors en France, suite à un échange avec un ami s’est mis à réfléchir et analyser la situation d’échec du pays à partir des points de vue politique, économique et sociale.  Cette démarche scientifique a donné naissance à une réplique à toutes les idées et conceptions défendant la thèse de la fatalité. D’après les adhérents à cette « école» de pensée, le pays est condamné à patauger dans l’échec. L’ancien étudiant du Centre Technique de Planification et d’Economie Appliquée (CTPEA) a colligé ses arguments et ils seront publiés sous le titre non moins accrocheur « Pourquoi Haïti peut réussir ? »


L’auteur met sa science au service de la population et apporte un regard nouveau sur l’avenir de la nation. « Je pense aussi dans le livre que le pays n’est pas l’unique responsable de sa pauvreté. Une telle conception est réductionniste, elle néglige les jalons de l’échec. L’analyse est donc biaisée » précise l’ancien élève du Lycée Nicolas Fabre Geffrard des Gonaïves. Indiquant que le titre de son ouvrage renvoie à une affirmation, Enomy a expliqué qu’il « n’est pas un vœu, c’est une thèse. Une thèse qui défend une position concrète, une thèse qui malgré l’état d’échec du pays propose une nouvelle réflexion sur la tendance qui porte à croire qu’il est condamné à la pauvreté».


Dans son ouvrage sous-titré « Un essai d’économie politique », monsieur Germain définit une catégorie de gens toute particulière : Les capable. «Les capables, ici n’est pas une analogie parfaite des capables décrits par les libéraux lors de la lutte entre les deux partis (libéral et national) pour le pouvoir au 19e siècle. Donc, cette appellation n’est pas à caractère élitiste. Les capables pour moi sont cette catégorie de gens apte à diriger le pays, mais pour une raison liée aux défis de la politique en Haïti, refuse de jouer son rôle»  indique le jeune économiste.


« Ces capables répondent à trois critères bien définis : un certain niveau de formation, une certaine histoire à succès et une volonté de progrès. Ce sont ces capables qui sont plus aptes à  favoriser le renforcement institutionnel nécessaire. Les institutions politiques doivent en ce sens faire jouer les institutions économiques pour initier le processus de réussite» soutient l’auteur qui se retrouve déjà au cœur de débats animés.