ULCC, LE FORT DIMANCHE DES TÈT KALÉ : Instrument de terreur, fer de lance d’un régime sanguinaire , pourri et criminel .

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Instrument de terreur, lieu lugubre, fer de lance d’un régime sanguinaire : jamais en Haïti, une prison n’a été aussi funeste. Fort Dimanche, dernière demeure ou expérience qui torture, déstabilise et élimine toute tentative d’opposition; raconte à elle seule une page de l’histoire du duvaliérisme en Haïti, entre 1957 et 1986. Mais si elle subsiste encore dans le souvenir des victimes comme celui des anciens tortionnaires, elle périt à petit feu dans la mémoire collective, perdu au fond d’un bidonville au nord de Port-au-Prince. Une situation qui, selon le RNDDH est une violation de droits et de dignité humaine.

Comme la mouche du coche, le DG Joseph oriente le budget de l’institution vers des actions d’éclat et les coups de com, et s’en sert pour persécuter ceux qui sont en désamour avec le Président. Jovenel Moise indexé dans la dilapidation des fonds de Petro Caribe en faisant usurpation de titre.

Comme son nom l’indique, l’Unité de Lutte Contre la Corruption devrait être une institution qui traque corrompus et corrupteurs, faisant trembler tous ceux qui s’arrogent le droit de faire main basse sur les maigres ressources de la nation.

Mais, cet aspect de répression est le moindre souci de l’administration Joseph, qui n’a jamais attrapé le moindre petit poisson dans ses filets troués à dessin.

Ainsi, le DG de l’ULCC fait son show en prêchant une parole qu’il se garde prudemment de mettre en pratique.

« Nous, Me Hans Jacques Ludwig Joseph, directeur général de l’ULCC, agissant en notre qualité d’officier de police judiciaire et de Gendarme anti – corruption de la république, requérons la Police nationale d’Haïti, notamment la Brigade de recherche et d’intervention ( BRI ) de la Direction centrale de la police judiciaire ( DCPJ ), de rechercher et de conduire en état et sous forte escorte le nommé Pierre Réginald Boulos par devant la commission d’enquête dûment mandatée à cette fin », peut-on lire dans ce document publié sur les réseaux sociaux, le vendredi 2 juillet. 

Le directeur général de l’ULCC, Me Hans Jacques Ludwig Joseph, a ordonné que « cet ordre soit publié avec la photographie du citoyen sous enquête, par les soins de la PNH et ceux de l’ULCC, dans toutes les institutions publiques et dans les voies d’entrée et de sortie du territoire de la République ». Le numéro un de l’ULCC s’est appuyé sur la loi du 12 mars 2014 portant sur la prévention et la répression de la corruption et du décret du 8 septembre 2004 créant l’ULCC.

Par ailleurs, le nouveau directeur général de l’ONA, Jenley Marc Jean Baptiste, a publié le même jour une note dans laquelle il fixe sa position sur le partenariat entre l’ONA et la RBI. « L’Office national d’assurance-vieillesse (ONA) condamne avec véhémence le détournement de ses fonds d’un montant d’un million de dollars américains par la société Real business investment S.A., entreprise appartenant au sieur Pierre Réginald Boulos, dans le cadre d’un projet fictif de construction de logements sociaux à Fermathe, monté en 2018 en dehors des normes prescrites. Aussi supporte-t-il les démarches de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) tout en invitant l’appareil judiciaire à se mettre en branle pour toutes les suites que de droit », peut-on lire dans cette note. 

Si le nouveau directeur de l’ONA parle d’un transfert d’un million de dollars américains, avant de prendre une mesure conservatoire contre les actionnaires de la RBI, l’ULCC avait évoqué un transfert de 65 millions de gourdes équivalant à l’époque à un million de dollars. Le PDG du conseil d’administration de la RBI, Pierre Réginald Boulos, avait confirmé qu’il s’agissait de 65 millions de gourdes.

Haïti vit en état de persécution politique collective : tout citoyen est sommé tôt ou tard de se reconnaître anti PHTK pour pouvoir disposer du droit de vivre dans son pays. C’est cela ou l’exil. Leur attitude exprime une nouvelle forme de « marronnage », dernier mode possible de protestation. Aucune expérience d’humiliation en terre étrangère ne les dissuade de reprendre cent fois le chemin de l’exil.