Certains jeunes haïtiens ne vont en réalité pas à l’université en République Dominicaine

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Plus d’un millier de jeunes terminent leurs études chaque année. Beaucoup d’entre eux aspirent à une université. En Haïti, la capacité des facultés d’Etat est nettement inférieure par rapport à la quantité de bacheliers qui aimeraient y accéder. Les parents se réfugient dans la plupart des cas aux universités privées de la place, qui coûtent les yeux de la tête. Il arrive aussi que d’autres parents font choix de permettre à leurs enfants d’aller poursuivre leurs études en dehors des murs du pays; et parmi les autres endroits de leur liste figure la république voisine. Entre frais du voyage et autres paperasses, en passant par les frais de scolarité, certains d’entre eux finissent par être déçus: en réalité, les enfants ne vont pas à l’école.

Entre les quatre murs des universités, et ceux des bars et boîtes de nuit, ils préférent les seconds, faisant pourtant croire à leurs parents qu’ils sont à l’université, et demandant à ces derniers des frais de scolarité. Cet argent ne sert en realité qu’à leur remplir les poches afin qu’ils puissent passer du bon temps.

Pedro, en 6e année de médecine en République Dominicaine raconte que son frère, venu au pays en même temps que lui, a préféré se fier aux conseils de nouveaux amis qu’il s’est fait, et passer son temps en boîte à se gaver d’alcool, plutôt que de s’inscrire à la fac comme c’était convenu avec ses parents. “Sa k fè m mal, m pa ka pale pawòl la ak manmi paske ti frè m nan toujou jere m nan kòb yo” avoue-t-il un tantinet honteux.

Les jeunes filles aussi boudent l’université alors que lwurs parents croient qu’elles y sont. Elles, en plus de passer leur temps à squatter les bars, s’adonnent parfois à la prostitution. Un cas de figure qui se présente quand les parents finissent par découvrir le pot au rose, et qu’elles doivent par la suite se débrouiller toutes seules.

Consternation mais aussi déception, voilà les sentiments qui animent les parents quand ils aprennent ce que font leurs enfants en terre voisine,  alors qu’ils étaient censés y boucler des études.

“Joana te ka tiye m tou; m t ap redi kwabosal pou voye lajan ba li, epi se voksal li t ap fè” témoigne une mère, encore sous le choc, trois ans après avoir découvert les manèges de sa fille.

Ils sont plusieurs jeunes haïtiens à se rendre en terre voisine pour des études et qui empruntent réellement ce chemin. D’autres, moins ambitieux, choisissent d’autres voies…