Montréal, Ville refuge pour la diaspora

479

La deuxième vague d’immigration des années 1970 est plus forte. Populaire et créole, elle est en grande partie composée de travailleurs non spécialisés et de leurs familles. Avec l’ouverture, en 1978, d’un vol direct entre Port-au-Prince et Montréal, des réfugiés haïtiens arrivent aussi dans la métropole québécoise. Haïti devient le pays d’où viennent le plus d’immigrants au Québec, avec 14,7 % de l’immigration.

L’intégration se complique, des problèmes apparaissent, en même temps que naissent les premières organisations communautaires pour y faire face : la Maison d’Haïti, fondée en 1972 par des étudiants universitaires dans le cadre d’un projet d’initiative locale, et le Bureau de la communauté chrétienne des Haïtiens de Montréal, aussi fondé en 1972, par les prêtres catholiques Paul Dejean, Karl Lévêque et Joseph Augustin. Dans les années 1970, la mobilisation générale des organismes haïtiens contre la déportation d’immigrants illégaux haïtiens témoigne d’un militantisme nouveau au sein de la communauté. Signe des temps, Édouard Anglade devient en 1974 le premier policier noir de la Communauté urbaine de Montréal.

La création de maisons d’édition comme Nouvelle Optique, de revues comme le collectif Paroles, de la maison de production de disques Caliban, de la Société de recherche et de diffusion de la musique haïtienne, la mise sur pied de l’émission La Voix d’Haïti à Radio Centre-Ville et la formation de groupes féministes sont autant de signes d’une vie intellectuelle florissante au sein de la communauté en pleine formation.