Les Fous du volant en Haïti : “Ce gouvernement, c’est désordre partout, autorité nulle part”

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On suggère plutôt La Politique pour les nuls. Non pas que le PM de la République soit un incompétent. Il est certainement des domaines, financiers notamment, dans lesquels il excelle. Mais force est de reconnaître que le premier mot qui vient à l’esprit concernant son mandat, son gouvernement, ses équipes, ses conseillers, son entourage, sa communication et ses stratégies, c’est « amateurisme ».

Les « affaires » s’empilent, les « crises » s’enchaînent, les lois bricolées sur un coin de table s’accumulent, les « réformes » fumeuses défilent, tandis que les ministres ou assimilés pataugent et enfilent les perles, comme s’ils voulaient décrocher la première place du bêtisier du quinquennat.

Est-il besoin de vous répéter pourquoi ?

Écouter : Si vos institutions sont nulles, si la force brutale se prétend loi, si tous les citoyens ne sont pas également protégés, si toutes les espérances s’envolent ; alors la défaillance, alors la peur, alors la débâcle menacent votre édifice lui-même.

Des preuves ?

D’abord reportez-vous à 1844. Notre justice sociale, à cette époque, avait paru totalement voilée. Il en est résulté que des citoyens, fous d’égarement, ont couru au-devant d’une Nation Étrangère, de la France, l’implorant avec tous les signes de leur détresse, la suppliant de couvrir Haïti de son manteau tout-puissant.

Souvenez-vous aussi de cette scission des Dominicains, – et de ce que, depuis lors, elle nous a coûté d’hommes, d’argent, de soucis ; de ce qu’elle nous vaut encore d’alarmes, de peines et de sacrifices !

Puis songez aux autres scènes plus honteuses de 1869. Il est cons- tant qu’au Congrès de Washington ont été entérinés les actes solennels par lesquels nos deux Gouvernements, alors rivaux, et soûls de leurs luttes, ont l’un et l’autre offert à l’Amérique une portion de notre territoire pour prix de son assistance marchandée.

Il n’y a donc pas à en douter : nos luttes fratricides sont mortelles à notre Indépendance.

Quand et comment les culbuterons-nous ?

Irons-nous toujours culbutant nos gouvernements sans presque jamais perdre haleine, appelant au contraire plus volontiers que les nouveaux Pouvoirs à se réédifier sur les détestables bases d’où il faut les culbuter ?