L’assassinat du president JOVENEL MOISE : Un « acte odieux », qui profitera à qui?

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Des assassins lourdement armés ont pris d’assaut la maison du couple sur les hauteurs de Port-au-Prince vers 01h00 heure locale (05h00 GMT).

M. Joseph affirme que les agresseurs étaient “des étrangers qui parlaient anglais et espagnol”. Les langues officielles d’Haïti sont le créole et le français.

Le magistrat Carl Henry Destin explique au Nouvelliste que M. Moïse est retrouvé allongé sur le dos avec un total de 12 blessures par balle. Le bureau et la chambre du président sont saccagés, dit-il.

M. Destin précise que la fille du premier couple, Jomarlie, a survécu en se cachant dans la chambre de son frère, tandis que deux membres du personnel domestique sont ligotés par les assaillants. Personne, à part le président et la première dame, n’a été abattu.

Une vidéo publiée après la fusillade montre des hommes lourdement armés et vêtus de noir à l’extérieur de la résidence, criant en anglais : “Opérations de la DEA [Agence américaine de lutte contre la drogue], tout le monde reste à terre !”.

L’ambassadeur d’Haïti aux États-Unis, Bocchit Edmond, souligne qu’il était “impossible” que des agents américains de lutte contre la drogue aient perpétré cette attaque. Il estime qu’il s’agit de l’œuvre de “mercenaires professionnels” et affirme par la suite qu’ils étaient déguisés en agents.

Le premier ministre haïtien par intérim Claude Joseph a évoqué un acte odieux, inhumain et barbare, imputant l’exécution du président de 53 ans à un groupe d’étrangers qui parlaient l’anglais et l’espagnol. Il n’a toutefois pas mentionné d’arrestation.

D’après moi, je ne pense pas que ce sont les Haïtiens qui ont fait ça, croit Antoine Lebrun. On parle que les gens qui ont tué parlent espagnol, anglais, certains disent que ce sont les Américains. Je ne veux pas embarquer là-dedans, mais… si ça sort, je ne serai vraiment pas surpris.

Richard Pierre-Gilles n’est pas retourné en Haïti depuis trois ans à cause des problèmes qui règnent Les violences sont fréquentes en Haïti, particulièrement dans la capitale de Port-au-Prince, où plusieurs quartiers sont sous le contrôle de groupes armés qui multiplient les assassinats.. Les gens ont soif de stabilité, de quelque chose qui va leur permettre de prospérer. Ça fait quelques années qu’ils souffrent. On leur souhaite que les choses se calment un peu. 

Dans les prochains jours, on saura à qui ça profite. Ce que je crains le plus, c’est une guerre civile, des remous encore plus violents. La nature ayant horreur du vide, qui prendra sa place? Mon coeur bat surtout pour la population qui souffre depuis longtemps. Une citation de :Richard Pierre-Gilles

S’adressant aux Haïtiens en matinée, le premier ministre Claude Joseph a déclaré l’état de siège, octroyant du coup des pouvoirs renforcés à l’exécutif.