Réconciliation nationale en Haïti : UN VAIN MOT !!! QUEL EST LE PRIX À PAYER POUR Y PARVENIR?

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Un sage ne disait-il pas ceci : ” O fils de l’esprit ! A mes yeux, ce que j’aime par-dessus tout est la justice ; ne t’en écarte pas si c’est moi que tu désires, et ne la néglige pas afin que je puisse me fier à toi. Par elle, tu pourras voir par tes propres yeux et non par ceux des autres”

Les Sages sont-ils en train d’agir par eux même ou par les yeux de ceux qui sont redevable à la Justice ?

« Réconciliation nationale ». Ce terme est sur toutes les lèvres des politiciens en Haiti. En passant par les leaders coutumiers et religieux, tout le monde se fait apôtre, prophète de la réconciliation nationale. Ce serait la condition sine qua none pour permettre au pays de vaincre la haine et de construire sereinement l’avenir de ses fils et filles. A un moment où le pays est effectivement au bord du gouffre, la réconciliation nationale s’impose. Celle-ci doit toutefois se dérouler dans un cadre approprié pour éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes conséquences.

Tous les Haïtiens sont témoins depuis 1986 . Après le « plus jamais ça ! », les crimes se sont poursuivis allègrement ! Jusqu’à la survenue de l’insurrection. Souvent, on a le sentiment qu’il a juste voulu réchauffer quelques recommandations du collège des sages pour que le tour soit joué ! La question de la réconciliation nationale est bien plus complexe.

Les principales formes de violence politique peuvent être les persécutions idéologiques, ethniques, religieuses ou les conflits entre les gangs. Les types de violence et leur étendue définissent les caractéristiques sociales de la population : opposants idéologiques, membres de minorités ethniques territoriales ou intermédiaires, populations civiles se trouvant sur les lieux où s’exerce la violence.

En effet, on comprend difficilement pourquoi la plupart des Haïtiens, tous les âges confondus, se sont laissés embarqués et transformés si négativement par les politiciens dont nombreux sont aujourd’hui dépassés mais malheureusement et honteusement toujours accrochés et pourtant très visiblement en fin de potentiel. Cet état de fait empêche ces gens de pouvoir dire la vérité face à toute situation aussi importante que sensible soit-elle, se contentant simplement de recueillir des avis des politiciens véreux et autres dits acteurs de la société civile à la recherche effrénée d’argent pour faire passer comme solutions. Dommage ! Dommage ! Dommage !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Pour finir, les « sages » recommandent la contrition publique des acteurs de l’insurrection, des acteurs de l’ancien régime, de tous les auteurs de Petrocaribe.Nous naviguons dans un flou artistique où on veut instruire le procès de « tout le monde et personne ». Que valent les contritions publiques sans réparation des préjudices subis, sans justice ? Faut-il au nom de la réconciliation passer les victimes en pertes et profits ?

Nul ne s’oppose à la réconciliation. C’est le cheminement pour y parvenir qui pose problème. Il faut, du fait de cette situation, mettre rapidement en place une structure indépendante avec les différentes sensibilités. Celle-ci devra travailler rapidement sur la base d’une feuille de route et formuler des recommandations réalistes et réalisables pour permettre au pays d’aller à la réconciliation nationale. Le document initial de cette structure pourra être examiné et adopté au cours d’assises nationales sur la réconciliation.

Ces assises devront permettre à tous les Haïtiens de se parler franchement pour solder le passif et envisager l’avenir ensemble. Un mécanisme de suivi-évaluation devra être mis en place à l’issue de ces assises pour veiller à l’application des recommandations. Quel que soit le schéma final qui sera retenu, le processus devra reposer sur le triptyque vérité, justice et réconciliation. Tout processus escamoté aboutira à une réconciliation de façade.

Henry Beaucejour
Haitian-American Chamber of E-commerce
President