Ginou, aujourd’hui tu aurais célébré tes 44 ans

261



Bon anniversaire Ginou. N’était-ce pas ton bourreau aujourd’hui tu aurais certainement célébré tes 44 ans. Avec l’essor des réseaux, je suis sûre que d’adorables clichés de toi auraient fusé sur la toile. Tes amis seraient ravis de faire tien leur statut WhatsApp.  Ton fils serait sans doute parmi les premiers à te souhaiter un bon anniversaire et tu en serais fière. Aujourd’hui,  où  seule cette terre censée t’être légère est témoin de ce nouvel an qui s’ajoute, je te souhaite quand même un heureux anniversaire.

Je vois d’ici tes anciens collègues de la Télémax, mijotant un plan afin de te faire une surprise; je les vois, prenant contact avec les gens de ta famille pour savoir qui t’emmènera au lieu indiqué; le dévolu est jeté sur ton fils. Ce dernier est partagé entre excitation et crainte. Il craint que tu refuses de l’accompagner, lui qui vient tout juste d’avoir son permis de conduire. Il est finalment parvenu à se convaincre qu’il arrivera à ses fins. Je vois tes amis se disputant tes goûts gastronomiques; enfin c’est ton anniversaire, ils ne voudront pas te déplaire. Je te vois, insouciante, pensant à passer la soirée autour d’une bouteille de vin, ne te doutant de rien.  Je vois…je ne vois rien. Je ne te vois plus. Plus jamais je ne te reverrai. Merci Valdo!

Ginou, sans vouloir jouer les trouble-fêtes, laisse-moi te dire que plus de dix ans après ton assassinat, la situation n’a pas changé. La vie conjugale est pour certaines femmes un combat auquel elle se livre chaque jour, non seulement contre leur conjoint, mais aussi contre elle-même. Et oui, elles sont nombreuses après toi à avoir été des  victimes de leur conjoint; elles sont nombreuses comme toi, bien après toi, qui en sont mortes. Et ce dont on est sûr, ce n’est pas demain la veille que cela cessera.

Tu te rerournes sans doute dans ta tombe  à l’heure qu’il est; tel le soleil traversant une fenêtre sans la briser, ainsi parviennent les cris de ces femmes violentée, tuées, sans qu’on n’y fasse rien.

Ginou, tu es certes morte. Mais dans nos esprits, tu es bien vivante. Sur ce, on te souhaite un heureux 34e!

D.H